bonjour à tous,
oui, ce matin je me sens un peu mélancolique; est-ce la séance de chimio de demain qui me tracasse, je ne crois pas....est-ce le temps? je ne crois pas non plus; le soleil est présent mais ne me
procure aucun plaisir particulier.
je ne suis pas pour autant de mauvaise humeur, mais il y a des jours sans et je crois que c'est le cas aujourd'hui.
mais celà vous arrive aussi de temps en temps n'est-ce-pas?
alors, chaque évènement prend une tournure particulière.
ce matin, je pense à ces 10 soldats, morts en afghanistan, partis avec sans doute pleins de convictions et à qui le pays va rendre un dernier hommage....
celà me ramène 46 ans en arrière, quand je suis parti comme appelé au Sénégal...trois jours après mon arrivée, le pays était en proie à une tentative de coup d'état vite réprimé par le
président Senghor; 2 mois après, c'était au Togo que ma compagnie fut envoyée, je n'étais pas du voyage puisque j'étais enstage pour être breveté parachutiste;
40 jours avant mon retour en France, c'est au Congo Brazzaville que ma compagnie est à nouveau partie; je fus 5 fois remplaçant sur la liste de départ mais à chaque fois les manquants sont
arrivés dans les temps pour partir; c'est moi qui fus chef de convoi pour accompagner mes copains à l'aéroport; je les ai vu décoller avec des mines diverses, puis revenir avec un large sourire
et sans aucun blessé ni victime; une fois de plus j'étais chef de convoi pour leur retour....
à croire que je ne pouvais faire partie d'aucune expédition...j'en garde un souvenir mitigé, fait des anecdotes des copains, des voyages ratés mais d'une vie qui n'a pas connu les drames et
incertitudes des guerres ou coups d'état dont l'Afrique est grande productrice.
je ne savais pas non plus que mon fils serait confronté à un terrible drame 25 ans après sur ce même continent, et qu'il lui faudrait autant de temps pour se reconstruire....il lui a fallu
presque dix ans avant qu'il m'en parle...
je sais maintenant d'où me vient ma nostalgie ce matin; elle vient de toutes ces vies perdues pour des causes dont je n'ai pas à juger le bien-fondé, je ressens la détresse des familles au plus
profond de moi-même, j'imagine la colère qui aurait été la mienne si on m'avait annoncé la mort de mon fils en mission....
je fus, dans ma jeunesse, peut-être un militariste convaincu, mais avec le recul, je m'aperçois que j'ai beaucoup changé dans ma façon d'appréhender les problèmes....j'ai toujours tendance à
chercher à savoir "à qui profite le crime?"
malheureusement, ce sont souvent des intér^tes particuliers qui priment sur la réalité des conflits, et ceux qui en profitent ne font pas grand cas de la vie de nos enfants....
j'arrête ici mon commentaire car je crois que je vais m'énerver!
à demain peut-être, avant ou après la chimio; en attendant, vivez intensément vos journées